Arbustes en conteneur prêts à être plantés au jardin

Planter un arbuste : la méthode qui marche, même en sol argileux ou caillouteux

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. » Le dicton a raison : d'octobre à fin novembre, le sol est encore tiède, les pluies reviennent, et un arbuste planté à ce moment-là a tout l'hiver pour installer ses racines. Au printemps, il démarre sans stress, là où un arbuste planté en mai devra affronter son premier été avec un système racinaire à peine formé.

Mais dans notre secteur, entre Vertaizon, Pont-du-Château, Lempdes et Cournon-d'Auvergne, la plantation se heurte souvent à deux types de terrain : une argile lourde et compacte, collante l'hiver et dure comme de la brique l'été, ou au contraire un terrain caillouteux où il n'y a presque pas de terre. La méthode doit s'adapter au sol. Voici comment nous plantons, et pourquoi.

Quand planter ?

  • Arbustes en conteneur ou en motte : la période idéale va de mi-octobre à fin novembre. On peut continuer jusqu'en mars, tant que le sol n'est ni gelé ni détrempé.
  • Arbustes à racines nues : uniquement pendant le repos de la végétation, de novembre à mars, et le plus vite possible après l'achat pour que les racines ne sèchent pas.

En sol argileux, la règle du « ni gelé ni détrempé » est capitale. Travailler une argile gorgée d'eau la lisse et la compacte comme de la pâte à modeler : le trou se transforme en pot étanche. Le test est simple : prenez une poignée de terre. Si elle colle et forme un boudin entre vos doigts, attendez quelques jours de temps sec.

Avant de planter : préparer la motte

Réhydratez la motte. Plongez le conteneur dans un seau d'eau jusqu'à ce qu'il ne remonte plus de bulles. Une motte plantée sèche ne se réhumidifie presque jamais correctement une fois en terre : l'eau d'arrosage coule autour sans y pénétrer.

Démêlez les racines en chignon. Si, en sortant l'arbuste du pot, les racines tournent en rond autour de la motte, elles continueront à tourner une fois en terre au lieu d'explorer le sol. L'arbuste végète pendant des années, parfois jusqu'à s'étrangler lui-même. Démêlez-les à la main ou incisez légèrement la motte sur trois ou quatre côtés pour les forcer à partir vers l'extérieur.

Racines d'une motte qui tournent en rond, en chignon
Des racines qui tournent autour de la motte : à démêler avant de planter, sinon elles continueront à tourner en terre.

Pour les racines nues, recoupez proprement l'extrémité des racines abîmées, puis trempez-les dans un pralin, un mélange boueux de terre et d'eau qui les enrobe et les protège du dessèchement.

Le trou de plantation : plus large que profond

C'est là que se jouent la plupart des échecs.

  • Largeur : 2 à 3 fois la largeur de la motte. Les jeunes racines doivent trouver autour d'elles une terre ameublie pour s'étendre.
  • Profondeur : la hauteur de la motte, pas plus. Le haut de la motte doit arriver au niveau du sol fini.
  • Le fond : décompactez-le à la fourche-bêche, sans le creuser davantage. Une terre remuée au fond se tasse avec le temps et l'arbuste s'enfonce.
  • Les parois : griffez-les avec la fourche. En argile, la bêche lisse les parois et crée une surface imperméable que les racines ont du mal à traverser.
Bêche enfoncée dans la terre pour creuser un trou de plantation
Un trou large plutôt que profond : 2 à 3 fois la largeur de la motte, pas plus profond que sa hauteur.

Planter trop profond est l'erreur numéro un. Un collet enterré (la jonction entre les racines et les tiges) reste humide en permanence, pourrit, et l'arbuste dépérit lentement sans qu'on comprenne pourquoi. Pour vérifier le niveau, posez le manche d'un outil en travers du trou : il doit affleurer le haut de la motte.

Adapter la plantation à votre sol

En sol argileux lourd

Le piège de l'argile, c'est l'effet baignoire. Un trou rempli de terreau léger au milieu d'une argile compacte agit comme une cuvette : à chaque grosse pluie, l'eau s'y accumule et ne s'évacue plus. En hiver, les racines baignent dans l'eau et s'asphyxient. C'est pour ça que beaucoup d'arbustes plantés « avec du bon terreau » meurent pendant leur premier hiver.

  • Creusez large plutôt que profond, pour étaler la zone ameublie en surface, là où l'eau s'évacue le mieux.
  • Remplissez avec la terre d'origine, bien émiettée, mélangée à du compost bien décomposé : environ un tiers de compost pour deux tiers de terre. Les racines s'habituent dès le départ au sol dans lequel elles vont vivre, au lieu de rester prisonnières d'un îlot de terreau.
  • Plantez légèrement en butte : le haut de la motte 3 à 5 cm au-dessus du sol. Le collet reste hors de l'eau pendant les hivers humides.
  • N'ajoutez pas de sable. C'est contre-intuitif, mais en petite quantité dans une argile, le sable ne l'allège pas : il peut même la rendre plus compacte. Pas de couche de graviers au fond du trou non plus : elle ne draine rien, l'eau s'y accumule.
  • Choisissez des arbustes qui tolèrent l'argile : cornouiller, viorne, forsythia, weigela, spirée, seringat.
Sol argileux sec et fissuré en été
Collante l'hiver, fissurée l'été : l'argile impose de planter large, en butte, et avec la terre d'origine.

En sol caillouteux ou en rocaille

Ici, le problème est inverse : très peu de terre, et un sol qui ne retient pas l'eau.

  • Creusez plus large que la normale, à la pioche ou à la barre à mine si besoin, et retirez les plus gros cailloux.
  • Reconstituez un volume de terre : apportez de la terre végétale mélangée à du compost pour que la motte soit entourée d'une vraie réserve de terre.
  • Arrosez plus souvent la première année. Un sol caillouteux sèche vite, l'arbuste n'a pas encore les racines pour aller chercher l'eau en profondeur.
  • Paillez systématiquement pour garder l'humidité.
  • Choisissez des arbustes sobres et rustiques, qui supportent le sec et nos hivers : lavande, perovskia, genêt, potentille arbustive, épine-vinette.
Sol caillouteux avec très peu de terre
En terrain caillouteux, on retire les pierres et on reconstitue une vraie réserve de terre autour de la motte.

En bonne terre

Si votre terre est souple, foncée et se travaille facilement, ne compliquez pas : la terre d'origine avec un peu de compost suffit largement.

Que mettre dans le trou au moment du remplissage ?

  • Du compost bien décomposé ou du terreau de plantation, toujours mélangé à la terre d'origine, jamais seul.
  • Une poignée d'engrais organique de fond à libération lente, de type corne broyée, mélangée à la terre du fond du trou.
  • À éviter : le fumier frais au contact des racines, qui les brûle, et les engrais chimiques à forte dose. À la plantation, l'arbuste n'a pas besoin de pousser, il a besoin de s'enraciner.

Planter : les gestes dans l'ordre

  1. Plantez le tuteur d'abord si l'arbuste est grand ou exposé au vent. Enfoncé après, il risque de traverser la motte.
  2. Placez la motte et vérifiez le niveau avec le manche d'un outil posé en travers du trou.
  3. Remplissez par couches en tassant légèrement avec les mains ou le talon, sans écraser.
  4. Formez une cuvette d'arrosage autour du pied avec un bourrelet de terre.
  5. Arrosez copieusement, même s'il pleut : 10 à 20 litres selon la taille de l'arbuste. Cet arrosage de plantation chasse les poches d'air et colle la terre aux racines.
  6. Paillez sur 5 à 10 cm, en laissant quelques centimètres libres autour du collet.
Arrosage d'une jeune plante juste après la plantation
L'arrosage de plantation se fait même sous la pluie : il chasse l'air et colle la terre aux racines.

Après plantation : ce qui fait la différence

Le paillage. Il garde l'humidité, protège les racines du gel et empêche l'herbe de concurrencer le jeune arbuste. Des feuilles mortes broyées ou du broyat font parfaitement l'affaire. Pas de bâche plastique dessous : elle asphyxie le sol.

Arbustes paillés au pied avec du broyat de bois
Un paillage épais au pied : moins d'arrosage, pas de concurrence de l'herbe, des racines protégées du gel.

L'arrosage la première année. C'est l'année décisive, surtout le premier été. En argile, arrosez moins souvent mais copieusement, et vérifiez avant avec le doigt : si la terre est encore humide à quelques centimètres, inutile d'arroser. En terrain caillouteux, arrosez plus souvent.

Le pied dégagé. Gardez une zone sans herbe d'environ 50 cm autour de l'arbuste la première année. Le gazon est un concurrent redoutable pour l'eau.

Pas de taille sévère la première année, en dehors des branches cassées ou abîmées. L'arbuste a besoin de toutes ses feuilles pour construire ses racines.

Les erreurs qu'on rencontre le plus souvent

  • Le collet enterré, parce que le trou était trop profond.
  • Un trou étroit rempli de terreau dans une argile compacte : l'effet baignoire.
  • Une motte plantée sèche, jamais réhydratée.
  • Une plantation dans une terre détrempée ou gelée.
  • L'arrosage oublié au printemps et pendant le premier été.
  • Un arbuste planté trop près de la limite de propriété : s'il est destiné à dépasser 2 mètres de haut, il doit être planté à 2 mètres au moins de la limite, et à 50 cm sinon (article 671 du Code civil).

Nous réalisons des plantations d'arbustes et de haies à Vertaizon, Pont-du-Château, Lempdes, Cournon-d'Auvergne, Les Martres-d'Artière et dans tout le Puy-de-Dôme, en adaptant la préparation à chaque terrain.

En résumé : plantez d'octobre à fin novembre, dans une terre ni gelée ni détrempée. Un trou 2 à 3 fois plus large que la motte, jamais plus profond. En argile, remplissez avec la terre d'origine et du compost et plantez légèrement en butte, sans sable ni graviers. En terrain caillouteux, reconstituez une réserve de terre et arrosez plus souvent. Arrosez copieusement à la plantation, paillez, et surveillez l'arrosage tout le premier été.

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